Review of Mademoiselle Bovary – An Original French Play

Victoria Decaux
3 May 2015

Bien que je sois arrivée seulement cinq minutes après l’ouverture des portes, la salle du Barron était déjà pleine. Bon signe pour la pièce, mais mauvaise nouvelle pour moi, qui ai dû m’installer à la dernière rangée… Et encore, au moins j’avais un siège! La French Soc avait décidé de vendre plus de tickets qu’il n’y avait de places, donc certaines personnes se sont retrouvées assises sur les escaliers, tels des élèves qui arriveraient en retard à leur cours dans la School III. Encore une bonne nouvelle pour la pièce, mais peu confortable pour le spectateur.

Image credit: The French Society

Image credit: The French Society

 

Tant bien que mal installée, l’audience fut tout a coup plongée dans l’obscurité puis, aussitôt, une lumière vint illuminer les deux personnages qui occupaient la scène. Il ne fallut attendre que quelques minutes avant que les premiers éclats de rire ne résonnent dans la salle. La dynamique qui s’est rapidement instaurée entre les personnages, et notamment entre l’amusant duo de Mr et Mme Rouault, a en effet clairement souligné les éléments comiques de la pièce, et a permis de contraster avec le tragique de la relation entre Berte et Emile. Celle-ci en revanche m’a paru si exagérée (cris stridents de la bonne, nombreuses disputes entre Berte et Émile…) qu’elle relevait selon moi plus du ridicule que du tragique. Lors de mon interview avec Camille Bigot, auteure et directrice de production, cette dernière m’avait bien informée de son intention de mêler les genres. Elle y est sans doute trop bien arrivée car, notamment lors des disputes entre Berte et Émile, je ne savais plus si je devais rire, ou si au contraire, la scène était à prendre au sérieux. Néanmoins, la pièce était facile à suivre, pleine d’esprit et de blagues osées, ce qui a fait beaucoup rire le public.

Après ma rencontre avec l’auteure, j’avoue que mes attentes étaient très élevées, surtout en ce qui concerne les acteurs qui, d’après elle, étaient très doués. Je suis heureuse de dire que je n’ai pas été déçue à ce propos, et qu’ils ont parfaitement su incarner leurs personnages respectifs. J’ai aussi été impressionnée par les acteurs qui n’étaient clairement pas des francophones natifs mais qui ont fait preuve d’un grand courage en s’exposant devant une audience majoritairement française.

J’ai cependant été surprise d’avoir parfois eu besoin de me référer aux sous-titres qui défilaient au dessus de la scène, car à certains moments, que l’acteur soit francophone ou non, les répliques étaient dites trop vite ou mal articulées. Il était pourtant clair que les acteurs connaissaient bien leur texte, mais ils semblaient parfois oublier que c’était la première fois que le public l’entendait.

La fin fut également difficile à comprendre. Bien que l’auteure m’ait prévenue que le dénouement serait absurde, elle m’avait aussi avouée que lors de l’écriture de la pièce, elle même n’avait pas encore décidé qui allait être le meurtrier. Je pense que cette incertitude était malheureusement trop évidente lors du déroulement des dernières scènes. J’ai en effet eu beaucoup de mal à anticiper la conclusion et à voir l’intérêt d’incorporer une danse. Le salut formel qui s’ensuivit me laissa quant à lui tout aussi perplexe.

Je dois néanmoins reconnaitre que les flashbacks, pourtant difficile à mettre en scène, étaient ici très bien exécutés. A chaque flashback, une scène déjà vue était ainsi rejouée selon le point de vue d’un personnage différent, ce qui a toujours bien fait rire le public.

En conclusion, bien que l’histoire en elle-même ne fût pas aussi originale que ce que j’avais pu imaginer, la mise en scène s’est montrée toute sauf traditionnelle. Malgré quelques fautes de clarté d’expression, les acteurs ont su démontrer leur talent. Ils ont eu l’air d’avoir pris autant de plaisir à jouer dans cette pièce que le public n’en a eu à y assister. Je conseillerais donc à la French Soc de continuer à créer des productions originales, mais cette fois-ci dans un plus grand théâtre: si la mise en scène reste aussi audacieuse, le public sera toujours au rendez-vous!

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Union Jack

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