De la Tradition culinaire française : la Galette des rois

Ariane Forgues
9 February 2014

Image credit: flickr/lesteph

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La France est un pays plein de paradoxes et de contradictions. Autrefois fille aînée de l’Eglise, elle vécut la séparation de l’institution religieuse et de l’Etat en 1905. Depuis, les “racines chrétiennes” de la France sont glissées sous le tapis par certains, célébrées par d’autres. Noël est un jour férié et les vacances “de Pâques” n’ont jamais changé de nom. Mais de façon générale, l’Etat est bien laïc et la société française majoritairement athée.

Et pourtant, il est une fête que peu de foyers oublient de célébrer dans l’Hexagone. Cette fête s’appelle l’Epiphanie. L’origine de cet événement, daté au 6 janvier, est on ne peut plus religieux ; il marque en effet la visite des rois mages à l’enfant Jésus. La tradition évoluant, l’Epiphanie fut liée dès le XIVe siècle à la dégustation de la Galette des rois, communément fourrée à la frangipane.

La fête chrétienne ayant avec le temps fusionné avec la fête romaine des Saturnales, à l’origine de la Galette, il est désormais traditionnel de célébrer tous les 6 janvier l’Epiphanie, en mangeant la Galette des rois. Le principe est simple ; une galette uniforme est cuisinée ou achetée chez le boulanger, et une figurine (la “fève”) est pour l’occasion cachée quelque part dans la galette. Lorsque vient l’heure du dessert, les parts sont coupées et le convive le plus jeune se glisse sous la table ; à mesure que la personne en charge du service sert les portions dans les assiettes, l’enfant désigne au hasard le destinataire de chaque part afin de répartir les parts de galette de façon aléatoire. Vient l’heure de la dégustation… jusqu’au moment où l’un des convives tombe sur la fève dans sa portion. La personne est alors officiellement désignée Roi ou Reine, et choisit sa compagne ou son compagnon.

A l’heure où la mondialisation permet à chacun de trouver ce qu’il veut quand il veut et où il veut au niveau culinaire, la Galette des rois reste une spécificité du 6 janvier. Soyons honnêtes, elles bourgeonnent en décembre et disparaissent des rayons mi-janvier ; je ne pense pas être la seule à manger plusieurs Galettes des rois en un mois. Ceci dit, la pratique reste limitée dans le temps.

Mais inutile d’attendre un an et d’investir dans un billet pour Paris pour savourer la Galette des rois ! St. Andrews était une ville déserte (ou presque) le 6 janvier dernier, donc les rois mages vous pardonneront de bon coeur si vous cuisinez votre propre Galette en février… Et voici comment !

Il vous faudra : 100 grammes de poudre d’amandes (ground almonds) 75 grammes de sucre (sugar) 2 oeufs (eggs) 50 grammes de beurre mou (butter) 2 pâtes feuilletées (puff pastry) Et une fève ! (a figurine or a bean)

1ère étape : Procurez-vous un moule et placez l’une des pâtes feuilletées dedans. Faites des trous avec une fourchette dans la pâte.

2e étape : Dans un grand saladier, versez tous les ingrédients en n’ajoutant qu’un seul oeuf et mélangez jusqu’à obtenir une pâte homogène.

3e étape : Etalez le mélange sur la pâte en y glissant la fève… et sans la mettre au milieu, pour éviter de la couper.

4e étape : Posez délicatement la seconde pâte feuilletée sur le tout. Faites en sorte que les bords des deux pâtes feuilletées soient bien liés, et collez-les avec de l’eau ou du blanc d’oeuf venant du deuxième oeuf si nécessaire.

5e étape : Faites de légers traits sur la pâte à l’aide d’un couteau et dorez-la avec le jaune du deuxième oeuf un peu dilué dans l’eau. Faites de petits trous dans la pâte afin de laisser l’air s’échapper.

6e étape : Placez au four à 210°C pendant environ 30 minutes (entre 25 et 40 minutes, ouvrez l’oeil).

Et le tour est joué ! Bon appétit !

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