Connaître la lectrice : Eglantine Pillet

Rebekah Dawes
17 octobre 2016

Lire cette page en :

Union Jack
eglantineRebekah : D’où venez-vous ?

Eglantine : Alors, d’où je viens ? Moi je suis née au Royaume-Uni mais je suis française. Ma famille habitait à l’étranger quand j’étais petite donc j’ai grandi au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Après, on est rentrés à Paris : je suis Parisienne.

 

Rebekah : Où aux Pays-Bas ?

Eglantine : Aux Pays-Bas, on vivait dans une toute petite ville à côté de La Haye. C’était très jolie, c’était le bord de mer, un peu comme à St Andrews.

 

Rebekah : Mais vous êtes française ?

Eglantine : Oui, mes deux parents sont français.

 

Rebekah : Est-ce que vous avez un souvenir de l’enfance ?

Eglantine : Je me souviens que tout me semblait magique aux Pays-Bas parce que, là-bas, l’approche c’est que les enfants sont considérés comme des petits adultes : ils ne sont pas du tout infantilisés donc c’était vraiment un environnement magique pour grandir.

 

Rebekah : Je suis allée moi aussi aux Pays-Bas mais j’ai remarqué des choses un peu plus physiques. J’ai adoré les canaux avec les petits ponts blancs et le style de l’architecture… c’est joli.

Eglantine : C’est vrai qu’il y a beaucoup de canaux et je me souviens que quand j’étais petite tout le monde du patin à glace et moi je suis très mauvaise en patin à glace : je n’ai jamais réussi à tenir sur la glace. Je suis un peu comme Bambi dans la scène où il glisse sur la glace. J’ai toujours trouvé ça très impressionnant que les petits Néerlandais dès leur enfance apprenne à patiner sur la glace.

 

Rebekah : Est-ce que vous êtes allée à l’université ?

Eglantine : Je suis allée à l’université à la Sorbonne à Paris où j’ai étudié la littérature anglaise et j’ai fait de la recherche sur Harry Potter : les influences médiévales dans Harry Potter.

 

Rebekah : Donc vous n’avez pas fait des études en relations internationales à Sciences Po ? Je croyais que tous les lecteurs l’avez fait, que c’était presque un prérequis de venir travailler ici.

Eglantine : Ah, non, non. Mohamed est allé à Sciences Po mais moi j’étais à la Sorbonne. Je connais moins bien la politique. C’est vrai que je suis plus intéressée par ce qui est littéraire, les faits de société et ce qui est artistique.

 

Rebekah : Je ne connais pas la politique non plus. Est-ce que vous avez travaillé dans d’autres universités ?

Eglantine : Alors, non. Je n’ai jamais travaillé dans d’autres universités parce qu’avant d’être à nouveau étudiante à la Sorbonne ces deux derniers années, avant je travaillais dans un autre domaine complètement, puisque je faisais du dessin et de l’illustration et du dessin animé, donc très différent.

 

Rebekah : Pourquoi êtes-vous venue travailler ici ?

Eglantine : En fait, l’opportunité s’est présentée de venir être lectrice de français à St Andrews. J’ai toujours adoré l’Ecosse, l’Ecosse m’a toujours fait rêver et, en plus, ça s’accord assez bien avec mon sujet de recherche puisque moi donc je continue mes recherches sur Harry Potter. C’était le décor idéal pour faire ça et certains bâtiments ici me rappellent à Hogwarts.

 

Rebekah : Je n’y ai jamais visité, mais on m’a dit que l’Université de Glasgow a des bâtiments qui rassemblent énormément à Hogwarts.

Eglantine : Donc c’est un projet pour le week-end : aller visiter l’Université de Glasgow.

 

Rebekah : Est-ce que vous avez visité The Elephant House à Edimbourg ?

Eglantine : La première fois que je suis allée à Edimbourg, c’est le premier endroit où je suis allée et j’ai adoré les graffitis partout sur les murs des toilettes.

 

Rebekah : J’y suis jamais allée. C’est cher ?

Eglantine : Je recommande chaudement cet endroit parce que c’est vraiment très sympa. J’avais trouvé que c’était pas trop cher étant donné que, justement, ça attire beaucoup de touristes grâce à JK Rowling. Dans mon souvenir, c’était autour de £3 le chocolat chaud, donc ça va.

 

Rebekah : Vous vous spécialisez en quoi exactement ?

Eglantine : Donc, effectivement ma spécialité, ou, en tout cas, mon point d’intérêt principal c’est justement de faire de la recherche sur Harry Potter. Et je vais te dire que j’ai eu beaucoup de chance parce que c’est pas forcement évident de convaincre dans un milieu très sérieux comme l’université que Harry Potter est un vrai œuvre qui mérite d’être étudié. Ce n’est pas seulement la littérature pour les enfants : il y a vraiment un contenu et tout a un processus d’écriture qui est très intéressant et très riche et donc, effectivement, ma spécialité, jusque-là, ça a été d’étudier les influences médiévales qu’on peut retrouver dans Harry Potter.

 

Rebekah : Vous savez quelques influences ?

Eglantine : Quelques exemples ? Eh bien, par exemple, dans les influences qui peuvent sauter aux yeux de manière immédiate, il y a quand même une grosse influence de la légende arthurienne – le roi Arthur et ses chevaliers – on en retrouve beaucoup dans les noms et les caractéristiques dans personnages. On retrouve des éléments de certains textes médiévaux français qui sont assez fondateurs comme, par exemple, les Lais de Marie de France. On retrouve des éléments de société aussi, comme, par exemple, le jeu d’écheques, qui est un jeu médiéval et qui a vraiment pris son essor au Moyen Age et qui est très très présent dans Harry Potter. Oui, il y a beaucoup d’éléments, l’alchimie qui est très présent aussi.

 

Rebekah : Est-ce que vous avez un personnage préféré ?

Eglantine : Oui. J’adore le Professor Lupin parce que je pense que c’est peut-être le prof le plus pédagogue dans tout la série. Il est gentil malgré sa cote un peu brute de décoffrage. C’est quand même un loup garou. Ouias, il est gentil. Il a un cœur d’aider ses élèves et c’est important : ça me plait.

 

Rebekah : Avez-vous un moment préféré des livres ou des films qui vous a enseigné quelque chose ou qui vous a touché d’une manière ?

Eglantine : Alors, je ne sais pas si ça m’a enseigne quelque chose mais j’ai une scène préférée dans toute la série de livres et elle n’est malheureusement pas dans les films. C’est très triste. Mais dans le cinquième livre, le père de Ron est attaqué et il doit aller à l’hôpital. Ca famille lui rend visite et Harry et Ron et Hermione tombent sur le professeur Gilderoy Lockhart. C’est une scène super comique. Pour moi, c’est vraiment l’essence de l’humour d’Harry Potter. Et c’est assez représentatif de la structure de toute la série qui fait qu’on retrouve les personnages d’un livre a l’autre qui sont apparu plus tôt et ça vraiment j’adore : tous les personnages peuvent se retrouver entre les différents tomes de la série et si on lit la série et on la lit une deuxième fois, en fait, on redécouvre plein de choses qu’on avait raté la première fois.

 

Rebekah : Est-ce que vous avez joué au Quidditch ?

Eglantine : (Elle se rit) Non, mais j’aimerais bien voir un tournoi de Quidditch. Je me demande s’il y en a ici à St Andrews.

 

Rebekah : Ici je sais pas. Je l’ai vu l’autre week-end à Edimbourg. On peut commencer une société avec 25 personnes.

Eglantine : (Elle se rit) C’est vrai ? Et avec des balais magiques aussi.

 

Rebekah : Ici à St Andrews, qu’est-ce que vous faites pendant une journée typique ?

Eglantine : Alors, dans une journée typique, je donne pas mal d’heures de cours et, en dehors des heures de cours, je prépare le cours parce que ça demande beaucoup de travail ! Et on essaie de faire ça le mieux possible pour que ça soit le plus intéressant pour vous. Et pendant mes heures off, où je ne travaille pas, et bien, déjà j’essaie de profiter de la mer, parce que j’adore vivre à côté de la mer. Et j’ai un peu essayé de visiter St Andrews mais, on a fait assez rapidement le tour, mais c’est très joli.

 

Rebekah : Il y a un élément spécifique du travail que vous aimez faire ?

Eglantine : J’adore les heures de cours parce qu’il y a un échange avec les étudiants et ça se passe jamais toute fait comme je l’avais imaginé parce que, forcément, chaque groupe est différent. Donc, oui, c’est très stimulant en fait, parce que ça m’apprend plein de choses et j’espère que je vous apprends quelques choses aussi à vous, les étudiants.

 

Rebekah : Qu’est-ce que vous aimez de vivre ici ?

Eglantine : Alors, déjà j’adore le côté très accueillant de l’Ecosse parce que j’ai trouvé la même chose à Edimbourg ou à Dundee : les gens sont vraiment très gentils. C’est vraiment super agréable. Et je trouve, justement, à St Andrews il y a cet esprit de communauté : on a l’impression d’être un petit village. C’est vraiment sympa !

 

Rebekah : Je suis étudiante dans la dernière année. Est-ce que vous avez des conseils pour moi ?

Eglantine : Mon conseil pour toi ça serait d’en profiter tant que tu es là et de ne trop stresser pour les examens parce que, bien sûr, c’est très important, mais tout l’expérience de la vie étudiante c’est quelque chose qu’après en retrouve plus en dehors de la période des études et c’est vraiment unique : il faut en profiter autant que ça dure, ce sont les derniers étapes de l’insouciance avant de vraiment entrer dans la vie réelle donc, vraiment profiter de tout ce que cette vie universitaire peut proposer et pas stresser pour les examens.

 

Rebekah : Et pour nos lecteurs qui sont des Freshers ?

Eglantine : Pour les étudiants de première année, évidemment, je leur suggèrerais aussi d’en profiter, mais quand-même aussi de travailler parce qu’ils ont plusieurs années devant eux ! Et qu’il faut trouver le bon équilibre, en fait : avoir une vie privée et en profiter, se faire des amis parce que c’est vraiment l’occasion de rencontrer des gens qui viennent d’horizons très différents et là, encore, c’est une opportunité unique dans la vie parce qu’on rencontre des gens qui viennent de tous les horizons et c’est beaucoup plus difficile à retrouver après dans la vie.

 

Rebekah : J’ai quelques questions un peu plus amusantes… j’espère. En combien de pays avez-vous habité ?

Eglantine : Alors, donc quand j’étais petite j’ai habité au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. J’ai fait une partie de mes études en Luxembourg et j’ai habite quelque temps au Canada… et en France, bien sûr. Et, maintenant, en Ecosse.

 

Rebekah : Est-ce que vous avez un mot préféré en français ?

Eglantine : Je pense que j’aime bien le mot merci, plus pour tout que ça englobe, la signification plutôt que pour le son du mot lui-même.

 

Rebekah : Avez-vous une histoire amusante d’enseigner ici à St Andrews… ou pas encore ?

Eglantine : Je pense pas encore parce que c’est bien passe jusque-là (elle se rit), donc non, pas encore d’histoire amusante.

 

Rebekah : Et une histoire de quand vous êtes allée à l’université ?

Eglantine : Je ne sais pas si c’est une histoire amusante, mais bon, déjà à la Sorbonne, comme ici, ce sont des universités ancestrales. Les bâtiments datent de très très longtemps et ce sont des bâtiments énormes avec beaucoup de couloirs et on se perd très facilement. Donc, il m’est arrive deux ou trois fois des situations un peu cocasses où je me suis perdue ! (elle se rit) Et, si non, j’avais un prof que j’adorais qui était un peu original et qui nous écrivaient des choses parfois en rune, parce que sa spécialité c’était le vieil anglais, l’anglo-saxon, donc ça c’était assez comique pour essayer de comprendre les inscriptions en rune.

 

Rebekah : Ici, Buchanan c’est assez simple mais il y a des bâtiments St Andrews aussi où on peut se perdre assez facilement. Mais ça va, parce qu’on peut aussi faire des expéditions. Je l’ai fait quelques fois et c’est assez amusant au Quad : il y a des couloirs qui passent par d’autres habitations mais qui n’y entre pas.

Eglantine : Ce sont des propriétés privées ?

 

Rebekah : Non, mais il y a School II et School III et les escaliers, mais si on regarde en haut, il y a un couloir entre les deux murs mais on peut pas y entrer.

Eglantine : Il y a des passages secrets !

 

Rebekah : Oui, c’est un peu ça ! Et on y entre depuis School I, je crois. Et il y a aussi un escalier secret. C’est chouette.

Eglantine : Ça donne envie d’explorer !

 

Rebekah : Et, aussi, The Bute Building. C’est un bâtiment de biologie, je crois, sur Queens Terrace. C’est près de Regs Hall. Entre South Street et la rivière. C’est un bâtiment énorme avec cinq étages, je crois. Mais c’est vraiment énorme : il y a cinq portes pour y entrer ! Et il y a des escaliers qui se croisent mais qui se joignent pas.

Eglantine : C’est super bizarre !

 

Rebekah : Et il y a des étages qu’on peut accéder depuis un escalier mais pas depuis un autre.

Eglantine : Ça me fait penser à une bande dessinée française qui s’appelle Astérix et Cléopâtre et, dans cette bande dessinée, donc c’est dans la série Astérix qui est très très connue en France, dans ce livre en particulier, Astérix et Obélix vont en Egypte et ils rencontrent l’architecte de Cléopâtre qui essaie de lui construire un palais mais le palais est complètement de travers, il y a des escaliers qui mènent à nulle part. Cet architecte s’appelle Numéro Bis et ça me fait penser à lui.

 

Rebekah : Je crois que c’est un peu ça. Mais on m’a dit que, vraiment, c’est un bâtiment ancien et au passé il y a avait que trois étages, mais avec les plafonds très hauts. Après, on a décidé de construire deux étages de plus parce qu’il y avait beaucoup d’espace encore. Et puisqu’il y a deux étages nouveaux, les anciens escaliers y vont pas et donc il y a d’autres escaliers nouveaux. Il y a des étages qui ont des fenêtres presque par terre, parce que ce sont les étages nouveaux et avant c’était qu’un étage avec le plafond et la fenêtre très en haut…

Eglantine : C’est bizarre !

 

Rebekah : Mais c’est cool : vous devez y explorer.

Eglantine : Oui, c’est vrai que maintenant ça me donne envie d’aller explorer.

 

Rebekah : C’est ça, ce sont toutes me questions.

Eglantine : J’espère que te pourra te servir… et merci beaucoup.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *